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France đŸ‡«đŸ‡·, RSE | Gobelets plastiques : le report Ă  2030 fissure le mythe du « c’est l’Europe » et l’anticipation rĂ©glementaire

Le gouvernement a dĂ©cidĂ© de repousser Ă  2030 l’interdiction des gobelets jetables contenant du plastique, initialement prĂ©vue en 2026. Un report qui, au-delĂ  des contraintes techniques invoquĂ©es, fragilise un peu plus l’argument rĂ©current d’une rĂ©glementation prĂ©tendument imposĂ©e par l’Europe.

Gobelet jetable @ credit depositphotos.com
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L’interdiction des gobelets jetables (Ă  usage unique) contenant du plastique devait entrer en vigueur au 1er janvier 2026. Elle a finalement Ă©tĂ© repoussĂ©e au 1er janvier 2030 par un arrĂȘtĂ© publiĂ© le 30 dĂ©cembre 2025 au Journal officiel, signĂ© par les ministĂšres de la Transition Ă©cologique et de l’Économie et des Finances.

L’interdiction des gobelets jetables relùve-t-elle de la RSE ?

Oui, mais sous conditions. L’interdiction des gobelets jetables contenant du plastique relĂšve bien du pilier environnemental de la RSE, puisqu’elle vise Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et la pollution plastique. En ce sens, elle peut lĂ©gitimement figurer dans un chapitre RSE. En revanche, une obligation lĂ©gale n’est pas, en soi, une dĂ©marche RSE. La RSE commence lorsque l’entreprise va au-delĂ  de la simple conformitĂ© rĂ©glementaire, en faisant un choix volontaire, cohĂ©rent avec sa vision et ses moyens. Ainsi, l’interdiction des gobelets devient rĂ©ellement RSE si elle s’inscrit dans une stratĂ©gie globale (rĂ©duction des plastiques Ă  usage unique, rĂ©emploi, indicateurs de suivi, investissements adaptĂ©s). IsolĂ©e, elle reste un signal plus qu’un engagement structurant.

Dans l’hĂŽtellerie, la restauration et l’évĂ©nementiel, le sujet des gobelets est hautement symbolique, mais faiblement structurant s’il reste isolĂ©.

Sans politique globale (linge, amenities, F&B, packaging, sourcing), l’interdiction des gobelets relĂšve davantage du signal que d’une stratĂ©gie RSE structurante.

Pour justifier ce changement de calendrier, le gouvernement invoque la « faisabilitĂ© technique d’une absence de plastique dans les gobelets », Ă  la suite d’un bilan d’étape rĂ©alisĂ© en 2025. Depuis 2024, la rĂ©glementation limite dĂ©jĂ  la teneur maximale de plastique Ă  8 %, contre 15 % jusqu’en 2022. Un nouveau bilan est prĂ©vu en 2028 afin d’évaluer les progrĂšs rĂ©alisĂ©s avant l’échĂ©ance dĂ©sormais fixĂ©e Ă  2030.

L’arrĂȘtĂ© prĂ©voit Ă©galement un dĂ©lai d’écoulement des stocks de douze mois aprĂšs cette date pour les gobelets fabriquĂ©s ou importĂ©s avant l’interdiction. Un dĂ©lai doublĂ© par rapport au dispositif prĂ©cĂ©dent, qui ne prĂ©voyait que six mois.

Ce report intervient alors que l’argument d’une contrainte « imposĂ©e par l’Europe » est rĂ©guliĂšrement avancĂ© pour justifier l’accĂ©lĂ©ration, voire la surtransposition, de certaines normes environnementales. Or, cet ajustement du calendrier dĂ©montre que les États conservent une rĂ©elle marge de manƓuvre dans la mise en Ɠuvre des textes europĂ©ens, notamment lorsque les conditions techniques et Ă©conomiques ne sont pas rĂ©unies.

Les chiffres publiĂ©s par la DGCCRF viennent renforcer ce constat. Fin 2024, une entreprise sur cinq Ă©tait encore en infraction concernant l’interdiction de certains produits plastiques Ă  usage unique, rĂ©vĂ©lant un dĂ©calage persistant entre l’ambition rĂ©glementaire et la capacitĂ© rĂ©elle des acteurs Ă©conomiques Ă  s’y conformer.

Au-delĂ  du cas des gobelets, cette dĂ©cision interroge la pertinence d’une anticipation systĂ©matique des normes. Anticiper pour se conformer n’est pas une stratĂ©gie en soi, sauf lorsque cette dĂ©marche rĂ©pond Ă  une vision d’entreprise claire, Ă  des objectifs assumĂ©s et Ă  des moyens financiers adaptĂ©s. À dĂ©faut, l’anticipation devient un facteur de dĂ©sĂ©quilibre concurrentiel et fragilise les acteurs les plus exposĂ©s, notamment dans les secteurs Ă  forte intensitĂ© opĂ©rationnelle comme l’hĂŽtellerie-restauration.

La transition environnementale ne saurait ainsi se rĂ©duire Ă  une succession d’échĂ©ances normatives. Elle suppose du temps, de l’investissement, de l’innovation industrielle et une articulation cohĂ©rente entre ambition politique et rĂ©alitĂ© Ă©conomique. À dĂ©faut, la rĂšgle perd de sa crĂ©dibilitĂ© et devient un symbole plus qu’un vĂ©ritable levier de transformation.


At a glance 👀

Milestone: Disposable plastic-containing cups ban postponed to 2030

Justification: Technical feasibility concerns acknowledged by the government

Current rule: Maximum 8% plastic content since 2024

Compliance gap: One in five companies non-compliant in 2024

Next review: Regulatory assessment planned for 2028

Key takeaway: National implementation timelines remain adjustable

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